
THE BIG IDEA
France
Vivant en communauté depuis 2015, et désormais implanté dans la région bordelaise, le groupe qui vote chaque décision à l’unanimité a pris le temps qu’il fallait pour écrire et répéter leur sixième album annoncé à l’automne 2025.
Si The Big Idea n’a pas délaissé son énergie communicative, on sent que le temps des contes de fée et des escapades en voilier est révolu. Ce nouveau disque réalisé par le producteur New-Yorkais Jeremy Snyder, ayant participé aux tournées américaines et européennes de groupes comme Idles, DITZ ou bien Lambrini Girls, est empreint d’un humour noir qu’on n’avait jusque-là pas encore entendu dans la discographie du groupe. Au milieu des guitares de plus en plus noisy, les cuivres prennent désormais toute la place qui leur est dûe, renforçant davantage la singularité de The Big Idea au sein du paysage indie français. Les compositions s’autorisent des moments de transe instrumentale où les prises de risques radicales semblent néanmoins naturelles, et lorsque le groupe s’aventure à l’exercice du songwritting, c’est souvent pour le détruire avec le sourire.
Les influences, autrefois plutôt américaines, se baladent désormais outre-manche. Le groupe évite toutefois l’écueil de suivre la mode d’une crank wave, windmill scene ou autre brexit rock et reste cette bande de potes au grand cœur qui aime communiquer sa joie, accoudée au coin d’un bar, et hurler à plein poumon des hymnes à l’amitié. Ils nous rappellent que quitte à parler de toute l’absurdité du monde, autant le faire en blaguant avec un grand sourire, un verre à ras-bord, et une belle bande de copains.
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« Less is more ». C’est peut-être l’adage qui aurait guidé le sextet Rochelais pour pondre ce premier single. ‘’Tangerine’s Tango’’ s’éloigne des constructions parfois complexes auxquelles le groupe nous avait habitué. Le riff de guitare catchy et le groove effréné qui conduisent le morceau nous plongent dans une musique brute, obsédante et déstructurée. Sans s’éloigner de ses racines électriques (Parquet Courts, Thee Oh Sees), le groupe s’aventure cette fois dans les territoires du krautrock qui rappelle la folie des concerts de Fat White Family, mais aussi des accents free jazz hérités du premier album de Black Country New Road. The Big Idea simplifie son propos pour mieux le tordre à coups de répétitions, pédales de fuzz et saxophones acerbes. Un morceau immédiat qui prouve que The Big Idea n’a rien à envier à ses aînés d’outre-manche.